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BIM ouvert ou BIM fermé ? Deux approches complémentaires

  • 10.02.2022
  • Article
BIM ouvert ou BIM fermé

Interview de JP Van Oudenhove, CDO @ GenieVision

GenieVision a eu l’occasion de participer à l’édition 2021 de BIMLux. Une belle opportunité de rencontrer quelques acteurs clés de l’écosystème BIM actifs au Luxembourg & ailleurs. C’était également l’occasion de comprendre les enjeux majeurs liés à son développement : quels en sont les facteurs de succès, les moteurs et les freins ?

Le concept de BIM ouvert vs BIM fermé

Jean-Pierre Oudenhove, CDO @ GenieVision
Interview de JP Van Oudenhove, CDO @ GenieVision

Parmi ces enjeux,  est ressortie de manière intéressante, la confrontation entre deux concepts, celui d’« opened » et de « closed » BIM. Avant d’aller plus loin, essayons de comprendre ces deux notions. L’une comme l’autre répondent aux principes fondateurs du BIM à savoir l’échange et la collaboration autour de la gestion du modèle et de ses données liées. Cependant, alors que l’opened BIM  se veut le garant de l’interopérabilité des logiciels dans le cadre de la maquette numérique « libre » ( building smart), le closed BIM veille à ce que toutes les parties utilisent un environnement de données commun.

L’un fera la promotion de standards et de processus « ouverts »  comme l’IFC & le BCF, l’autre veillera à limiter les allers/retours d’informations en les canalisant vers une seule et unique plateforme dans laquelle nous retrouvons  à fois un Document Management System (DMS),  un Issue Management system (IMS) et un Model Management System.

Jean-Pierre Van Oudenhove, CDO chez GenieVision, de compléter : « La dualité des formats ouverts vs formats fermés a toujours existé dans chaque discipline. Dans le domaine des géo données, ESRI, l’équivalent d’ Autodesk, a décidé au début 2000 de rendre ses formats fermés sous la forme de fichiers binaires. Avec le temps ils n’ont pas pu complètement imposer leur manœuvre et ont dû publier une version light de leur format en open source. »

Le choix du BIM ouvert ou du BIM fermé : une question d’approche et de moyens

L’approche Closed BIM pourrait à elle seule justifiée la réduction des couts grâce au BIM en améliorant la communication dans  la réalisation d’un projet. Et même si l’investissement de départ semble important, le retour sur investissement est réel. C’est ce que nous ont partagés certains intervenants lors de leur intervention aux conférences BIMLux . En utilisant Autodesk, et sa nouvelle plateforme cloud ( ACC), ils expliquent pouvoir gérer une configuration unique du modèle autour duquel ils arrivent à fédérer les différentes parties et à en assurer  une meilleure traçabilité.

Les détenteurs de l’  « Opened BIM » argueront un risque d’hégémonie de certains éditeurs qui pourraient, à terme, imposer leurs propres standards. Il est donc important de laisser chaque acteurs le choix des outils à utiliser en fonction du besoin et de la maturité BIM du projet, tout en leur permettant de collaborer ensemble.

« D’un point de vue de service public qui est souvent la voix de l’utilisation des données sur le long terme, les formats ouverts offrent une garantie de pouvoir utiliser les données malgré un changement d’outil potentiel. Si un format propriétaire n’est plus supporté, l’utilisation des données devient impossible.  D’un point de vue de la construction d’un bâtiment, qui est vu par la plupart des acteurs (entrepreneur, architecte, bureau d’étude…) comme un projet unique,  autour duquel il va falloir ressortir une marge bénéficiaire, l ’open format a l’avantage de stimuler l’innovation, faciliter les initiatives individuelles pour aider à résoudre les problèmes d’interopérabilités. »  commente JP  Van Oudenhove

« Le format fermé garanti une interopérabilité au sein de son écosystème mais limite les compatibilités avec les solutions concurrentes pour forcer les utilisateurs à préférer leurs outils. » complète – il.  « Je pense que ce n’est pas une question de mieux ou de moins bien. Il s’agit surtout d’une stratégie des plus grands pour accroître leurs parts de marchés.»

JP Van Oudenhove de conclure : « En prenant le point de vue d’un constructeur qui va valoriser l’exploitation d’un BIM durant la phase de construction, s’il peut imposer à ses sous-traitants et à ses collaborateurs les outils fermés d’une plateforme unique, il pourra espérer avoir la meilleure intégration possible des échanges d’informations entre les différents corps de métiers. Par contre, dès le moment où il faut composer avec des spécialistes qui utilisent d’autres plateformes et des solutions non compatibles avec les choix du contractant principal , il n’y aura pas souvent d’autres choix que d’utiliser des formats ouverts pour assurer les échanges d’information. Les besoins d’efficacités et d’immédiateté poussent pour les choix fermés et garantis mais le pragmatisme de la réalité de terrain force très souvent à utiliser les formats déchange ouverts »

Pour les innovations BIM, quelle approche prendre ?

Mettons nous  dans les baskets de nouvelles solutions innovantes dédiées au processus de construction, celles qui en assurent donc sa digitalisation, comme GenieVision… le recours à l’ « Opened BIM » est un choix judicieux pour peu que chacun s’aligne sur les formats d’échange et la structure inhérente à ces formats.

Le closed BIM quant à lui, demandera une adaptation spécifique pour pouvoir se connecter à son environnement, mais facilitera sans nulle doute la collaboration par son approche centralisée.

GenieVision qui ambitionne d’amener le BIM sur chantier est flexible quant aux 2 approches. L’architecture sur laquelle la solution se base est dite « ouverte », ne voulant pas contraindre le client à s’adapter , mais à l’inverse,  lui proposant l’intégration à son écosystème. D’une part, l’interopérabilité est assurée grâce à la gestion de formats standards opened BIM (IFC/BCF), et d’autre part les premiers liens  vers BIM360 sont disponibles.

« Nous mettons tout en œuvre pour diminuer les barrières de l’interopérabilité en soutenant à la fois les formats propriétaires des plus grand acteurs du marchés et les formats ouverts qui gardent tout leur intérêt dans beaucoup de situations. »

Car en attendant le consensus, il s’agira de pouvoir s’adapter aux deux propositions.

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